Arrivée au Canada: 01 May 2009
Heure locale: 19h05 (5h05, heure de Paris)
Durée du trajet: un peu moins de 22 heures
Premières impressions du pays: dis donc! les flics à l'immigration sont bien plus sympas qu'en France et surtout qu'aux Etats-Unis! On observe avec un oeil attentif le comportement décontracté de l'officier qui s'occupe de valider notre permis de travail. Il n'est clairement pas frappé par le syndrome de peur de l'Etranger. On a moins cette impression désagréable d'être épiés, que tous nos gestes et nos propos soient passés au peigne fin, enregistrés, comme fautes à utiliser contre nous. Il faut quand même faire attention. Mais je me laisse tout de même aller à une petite blague, histoire de tester l'ambiance, en disant que si ça continue à se pourrir en France, on serait peut-être obligés de revenir. Pas de réaction du type. Avec ahurissement, Tahar m'interpelle - en français - "Il ne faut jamais dire des choses pareils, surtout pas à un flic!" Mais je lui fais remarquer que j'avais soigneusement évité de dire que nous n'allions PAS rentrer en France, quand même... Faut jamais leur laisser l'impression qu'on va disparaître dans la nature. Le gars nous annonce, non sans fierté, que notre visa a une durée de validité de quatre mois, et que nous pouvons donc rester jusqu'au 31 août, histoire de profiter un peu plus du pays... ça laisse quand même rêveur, surtout moi qui avais prévu de rentrer en France pour début juillet.
On récupère nos valises: miracle! elles sont toutes les cinq ensemble, et sortent parmi les premiers. Maintenant il ne nous reste qu'à trouver comment arriver jusqu'à la maison... avec trois bambins bien fatigués, nos cinq valises, quatre violons, la trompette, la clarinette, ET nos sacs à dos.... faudrait louer un bus!
On se dirige vers un bureau de navettes: je présente notre cas. Je leur montre notre adresse, nos affaires, et me remets à eux. Commence la deuxième observation: les gens d'ici donnent l'impression de se pencher sur les problèmes, même lorsque ce ne sont pas les leurs, avec sérieux et amabilité. En gros, il n'y a pas de problème, car il y a toujours une solution. Ils la trouvent: une navette nous déposera en ville, et ils se chargent de nous appeler un taxi monospace pour nous faire parvenir jusqu'à chez nous. Ooof. Il est vrai qu'on les paie pour ça, mais on ne peut jamais acheter l'amabilité si elle n'est pas déjà là.
Le taxi nous attend à l'endroit prévu. Super! On monte dedans, avec toutes nos affaires, on commence à rouler, et l'on vance de ... à peu près 3 mètres: Ismaël se met à hurler. Il va vomir. C'est le seul qui n'a pas du tout dormi pendant tout le long du trajet, et maintenant il n'en peut plus, surtout d'être enfermé derrière, sans fenêtres...
Il sort marcher avec Tahar — je me retrouve noyée sous les sacs à dos, les instruments à l'arrière qu'on lâche sur moi. Ils remontent dans le taxi. Cette fois-ci, on avance de... 1 mètre. Il hurle de nouveau. Il redescend. Ça va mal. Tellement mal qu'il répond à peine lorsqu'un pompier super sympa lui dit 'Hey, buddy, you ok?' Ismaël est tellement mal en point que même lorsque le pompier lui propose de le faire monter dans son camion, il ne répond pas, ses yeux sont voilés ... Comme dirait Adnan, "Ouah, l'truc!"
Maintenant Ismaël refuse de remonter dans la voiture; il est trop mal. Tahar demande au chauffeur si c'est loin. Un peu quand même. Pas de choix. Ils remontent donc dans la voiture; on met Ismaël devant, sur les genoux de papa, la tête qui pend par la fenêtre. Tant pis pour l'interdiction des moins de 12 ans, à cause de l'airbag! On avance au moins, tant bien que mal, s'arrêtant tous les 100 mètres pour aérer Ismaël. Le chauffeur est d'une patience d'ange. Mais il est vrai que sa voiture est est un vieux modèle, qui n'a plus de suspension, avec une conduite très 'large' pour éviter tous les nouveaux nids-de-poule qui ont fait leur apparition depuis l'arrivée des beaux jours... De quoi rendre malade n'importe qui.
Enfin, on arrive. Petite maison, dans une petite rue tranquille.
La propriétaire qui nous loue la maison nous attend à l'intérieur. Elle nous fait la visite de la maison: les garçons sont ravis par leur chambre, avec deux lits superposés, et un en face. Ils se mettent tout de suite à défaire leurs bagages... et se mettent d'accord en moins de 2 minutes — sans se disputer en plus! — sur la distribution des lits. La proprio' finit de nous faire visiter: maison propre, calme, récemment rénovée, pas de moquette (donc moins de risque de crises d'asthme au milieu de la nuit!). Tout va bien. Elle me propose de m'amener faire quelques courses au supermarché local, sachant que nous n'avons rien à manger dans la maison (quel service!).
Je suis absolument estomaquée par les prix: 500 g de beurre = $7! Un pot de confiture = $4! Des carottes = 98 cents les 100 g! Je ressors avec deux petits sacs, de quoi faire deux repas (dîner léger + petit déj') = $120. Pourtant, les gens n'ont pas l'air affamé, mais nous, nous allons peut-être perdre un peu de poids pendant notre séjour canadien! Surtout, il faut bien mâcher et ne laisser aucune miette dans l'assiette....
A mon retour à la maison, les garçons sont profondément endormis dans le salon. Ils montent se coucher sans dîner. Chic! un repas de moins à assurer... ?
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