Alors que j'avais prévu de vous faire faire un dernier tour dans la ville, le temps m'a rattrapée et je me retrouve déjà ce soir, la maison vide, et rangée, à attendre l'heure du départ. Il ne nous reste plus ici que quelques rêves inachevés, comme l'espoir de pouvoir faire sécher notre linge dehors dans le jardin...
Moi-même, en allant chercher la voiture ce matin qui nous amènera à l'aéroport, je me rends compte que je quitte cette ville et cette partie du monde avec regret. Il n'est plus l'heure de vous raconter tout ce que nous avons vécu et vu ici — ça, c'est pour nos retrouvailles — mais nous quittons Edmonton alors que les jours raccourcissent considérablement. Désormais, le jour se lève bien après 5h, le jeune pie que nous avons écouté tous les matins au mois de juin est parti, et le temps se fait frais. Il est prévu que nos petits poissons déménagent dans leur espace hivernale à la fin du mois prochain, car on ne sera plus à l'abri des gelées ici. Et ainsi passent les saisons.
Nous vous disons donc "à bientôt" et vous remercions vivement de nous avoir suivis lors de notre aventure canadienne.

Vous allez donc quitter ce pays dans lequel ,si je me réfère au message du 1er Mai,entre autres des merveilleuses découvertes, les étrangers ne sont pas considérés-à priori-comme des malfaiteurs (ou des malfaisants) en puissance .
ReplyDeleteJe repensais ce matin à cette séquence qui m'avait fortement frappée, alors que j'étais sur mon balcon...."Mais que fait-elle si tôt sur son balcon...?"
Et je pensais que le regard des enfants (puis des adultes)se posant sur "l'autre" venait souvent ,au départ ,de l'éducation .Ainsi, pour moi, élevée par des parents humanistes j'ai toujours considéré que de la différence naissait l'enrichissement de la culture et j'ai essayé de transmettre.....
Et parfois j'ai dû "redreser" une petite cervelle agitée par la colère...
La première année d'école de Tahar s'est déroulée dans un système où n'étaient
accueillis que des .......natifs !!Et un jour où je l'avais disputé assez sévèrement à la maison...il m' a déclaré tout de go, d'une seule haleine, en larmes et vraiment en colère :
"De toute façon, je suis algérien, papa est algérien, Amel est algérien (sic) ,toi tu es française, tu es toute seule et c'est bien fait pour toi...!" (NdR...ce n'est pas un mythe!!)Il avait cinq ans !
Ouf, ça fait mal !Et sur le coup, j'ai eu du mal à encaisser...et encore plus quand j'ai réalisé que "l'éducatrice scolaire" lui avait instillé ce poison : rejeter les autres .Et il a fallu, une fois le calme revenu dans nos deux coeurs,parler doucement de cet état de faits et de la "richesse" qu'engendrait notre famille réunissant deux racines.
Alors, regardez la chance que nous avons...nos racines se sont étendues....et si nous devons cotoyer des "petits esprits" comme dit Montesquieu....ils ne peuvent nous atteindre .
Et pour ma part, j'en ai cotoyé de part et d'autre ,mais ayant gardé toujours en mémoire certaines maximes paternelles, j'ai pu survivre...et survivrai encore, car quoiqu'en pense Descartes ,le bon sens n'est pas "la chose du monde la mieux partagée"..
Philosophe matinale, mamanlou !!!???