Tuesday, July 28, 2009

28 July, 2009: Good-bye, Edmonton

Je vous écris donc pour la dernière fois depuis Edmonton, car tout à l'heure, nous quittons la ville en avion, direction Montréal.

Alors que j'avais prévu de vous faire faire un dernier tour dans la ville, le temps m'a rattrapée et je me retrouve déjà ce soir, la maison vide, et rangée, à attendre l'heure du départ. Il ne nous reste plus ici que quelques rêves inachevés, comme l'espoir de pouvoir faire sécher notre linge dehors dans le jardin...

Les enfants ont dû dire au revoir ce soir à leurs amis, Avinash et Atheera, qui habitent en face et qui sont leurs copains de tous les jours. Peu de temps après le coucher ce soir, Adnan est venu me voir, le visage couvert de larmes: il est triste de partir. Comme ses frères, qui ont passé trois mois merveilleux à vivre une autre culture, à se faire des amis, à voir autre chose. Ils auront beaucoup de richesse à vous raconter.

Moi-même, en allant chercher la voiture ce matin qui nous amènera à l'aéroport, je me rends compte que je quitte cette ville et cette partie du monde avec regret. Il n'est plus l'heure de vous raconter tout ce que nous avons vécu et vu ici — ça, c'est pour nos retrouvailles — mais nous quittons Edmonton alors que les jours raccourcissent considérablement. Désormais, le jour se lève bien après 5h, le jeune pie que nous avons écouté tous les matins au mois de juin est parti, et le temps se fait frais. Il est prévu que nos petits poissons déménagent dans leur espace hivernale à la fin du mois prochain, car on ne sera plus à l'abri des gelées ici. Et ainsi passent les saisons.

Nous vous disons donc "à bientôt" et vous remercions vivement de nous avoir suivis lors de notre aventure canadienne.


Friday, July 24, 2009

24 July, 2009: C'est l'été!

Ça y est, je ne le croyais pas possible, mais c'est enfin l'été ici dans le nord.

J'aurais dû m'en douter, car depuis au moins deux semaines déjà, le "fireweed" (ou "herbe fret") dans le jardin fleurit. C'est la plante qu'utilisaient les indiens pour déterminer le début et la fin de l'été, sur la base de la floraison.

Lorsque les voisins nous ont prêté un ventilateur il y a quelques temps (ils ont appris que nous n'arrivions pas à ouvrir nos fenêtres du rez-de-chaussée, et ont eu pitié de nous), la voisine a déclaré combien ils étaient contents d'avoir la clim' chez eux. J'ai trouvé assez étonnant qu'on en ait vraiment besoin ici, mais elle a renchéri: Oui, oui, il peut faire 35° ici en juillet/ août...

Sur le coup, je ne l'ai pas crue!

Eh bien, nous y sommes. Ce soir, lorsque je suis sortie prendre les garçons vers 17h, le thermomètre à la station de métro à côté de chez nous affichait... 35°! Incroyable. Je précise qu'il s'agit bien d'une température en Celsius, et non en Fahrenheit...

Du coup, nous attendons des orages pour demain soir (moins violents que le weekend dernier, espérons-nous), et dimanche il devrait pleuvoir toute la journée. Cette année, une sécheresse sévère frappe cette région, y compris plus au sud chez ma famille au Minnesota.

Heureusement, les quelques fleurs qui commencent à sortir ne souffrent pas trop de cette chaleur. Nous craignons de tout rater, car le jardin commence tout juste à entrer dans sa pleine floraison, y compris les lys qui ne contiennent encore que des boutons tout verts...

Autant que nous avons dû nous rendre à l'évidence que les fleurs prennent leur temps, lnous avons acquis la certitude que des fées maléfiques versent une potion magique qui agit comme un engrais accéléré sur le reste du jardin...
Nous avouons notre défaite... Cela repousse plus vite qu'on ne puisse le dégager. Même notre barbecue se fait envahir...


La seule chose qu'on a réussi à maîtriser dans ce jardin de fou, c'est notre "rock garden", qui est presque trop structuré pour avoir sa place dans le chaos qui l'entoure...


Heureusement, les petits poissons sont là pour nous donner envie d'y aller...

Tuesday, July 21, 2009

21 July, 2009: Sains et saufs

Nous sommes donc bien rentrés de notre toute dernière échappée dans les Rocheuses avant de quitter Edmonton la semaine prochaine (déjà!). Nous avons vu moins d'animaux cette fois-ci (toujours pas de rencontre oursine, même si cette fois-ci on s'y était préparés, Tahar se faisant prêter une bombe anti-ours au cas où). Nous avons regardé avec un point d'amusement les voitures arrêtées au bord des routes, les passagers descendus pour prendre en photo les caribous...

Nous avons quand même craqué pour quelques caribettes, qui broutaient paisiblement juste avant le dernier pont avant d'entrer dans la ville de Jasper... Pas blasés au point de ne plus regarder les animaux du tout, quand même.

Nous avons passé un weekend sans programme, sans horaire, avec que des randos au menu.

Nous avons entamé le weekend par une ballade (enfin, ce qui devait en être une à 4,5 km) autour de la vallée des cinq lacs.

Comme nous avions tout notre temps, les enfants ont pu se prélasser dans l'eau, testant la température de plusieurs lacs... Il est vrai qu'au plus fort de l'après-midi, le soleil tapait bien (vous rendez-vous compte? il faisait même chaud! plus de 30° dans les Rocheuses, en altitude...). A plusieurs endroits, les autres randonneurs se laissaient également tenter. Cela donnait bien envie de s'y essayer, mais les enfants malgré tout, trouvaient cette eau de montagne assez... fraîche, et n'ont pas osé se plonger dedans... et donc, moi non plus!



Sur le chemin, nous avons trouvé beaucoup de lys sauvages, qui, d'après mon guide local sur les "secrets of the city", sont à l'origine des souches utilisées pour développer toutes les variétés de lys vendues actuellement en commerce. Vers les années 1930, un biologiste californien a demandé à un collègue d'Edmonton de lui envoyer plusieurs de ces fleurs, que lui et ses fils ont été cueillir dans les bois de l'Alberta.

Malgré la beauté indéniable des lieux, nous trouvions tous que ces 4,5 km étaient assez longs... Les kilomètres n'en finissaient pas, et nous nous demandions si nous étions vraiment fatigués de ne pas arriver au bout de ces 4,5 km, même après 3 heures de marche!

Sur la fin, nous nous sommes faits surprendre par une tempête de vent, qui nous fouettait le visage et nous pelletait de petites gouttes de pluie. C'est avec soulagement que nous sommes enfin arrivés à la voiture, quasiment trois heures et demie après notre départ, pour apprendre que nous venions de faire environ 12 km... Les guides et les cartes sont assez mal indiqués ici, et sans faire exprès, nous venions donc de faire le grand tour.

Heureusement, pour nous aider à nous remettre de notre fatigue, nous avons pu trouver un restaurant fort sympathique, où les enfants ont trouvé leur bonheur respectif, et nous, les grands, avons pu déguster un bon 'fish and chips', arrosé de deux pintes de bière, faite sur place dans la brasserie à la cave du restaurant. J'en aurais bien acheté pour en ramener en France la partager avec les amateurs, mais ça se vendait uniquement par bouteilles de 2 litres... un peu lourd pour les bagages!

Il nous restait tout de même un dernier challenge à surmonter avant de pouvoir nous coucher: trouver l'hôtel. Car, en partant le matin même, nous avions oublié l'imprimé avec tous les détails de notre réservation... Nous ne savions donc: ni le nom de l'hôtel, ni où aller le trouver! Tout ceci avait été compliqué par le fait que la compagnie par qui j'étais passée pour réserver la chambre m'avait rappelé, pour nous changer d'hôtel. Je me souvenais donc du nom du premier hôtel, mais pas du deuxième. J'avais en tête un vague souvenir de l'agent qui me disait que ce n'était pas loin du premier, dont je me souvenais le nom de la rue...

Qu'avons-nous donc fait? Je me suis pointée à un hôtel quelconque dans la rue concernée, pour expliquer mon dilemme et demander si, par hasard, je n'avais pas une réservation chez eux. Pas de chance! Mais la réceptionniste, sympa, a pris son téléphone pour poser la même question aux autres hôtels dans le coin, pour m'épargner la peine d'aller voir chez chacun. Hélas, peine perdue, car nous n'étions enregistrés nulle part.

Heureusement, dans l'hôtel j'ai pu me connecter sur mon compte mél, afin de retrouver la trace de cette réservation. Ouf! Tout de même, ce n'était pas à côté, comme m'avait dit l'agent de réservation au téléphone, mais bien de l'autre côté de la ville. Peu importe, à partir du moment où nous avions un endroit sec et chaud pour dormir.

Une pluie fine s'était mise à tomber lorsque nous avons ouvert la porte de la chambre. Nous nous sommes empressés d'enfiler nos maillots de bain pour aller nous tromper dans les jacuzzi bien chauds, de l'autre côté de la cour. C'est donc sous une petite pluie que nous avons trompé nos muscles, réchauffés par l'eau chaude tandis que la pluie nous rafraîchissait la figure.

Un vrai délice...

Le lendemain, une dernière randonnée, plus courte cette fois-ci, avant de reprendre la route pour Edmonton.

C'est un lieu qui laisse rêveur, mais on doit bien se résigner à retrouver la vraie vie.

Bien sagement, nous avons pris la route, pour arriver à Edmonton en début de soirée, puisque le lendemain les enfants se levaient tôt pour aller dans leurs activités multi-sport (natation, plongeon, gymnastique, trampoline, escalade, et endurance... tout ça!)

Mais en arrivant dans la ville, nous avons été interpellés par le grand nombre de branches qui trainaient des les rues, et par un arbre tombé sur le toit d'une maison... Ce qui n'avait été qu'une pluie douce et fine la veille dans les Rocheuses avait été la tempête ici à Edmonton, avec tornades et rafales de plus de 100 km l'heure. Plus d'une centaine d'arbres ont été déracinés ou cassés à travers la ville; des milliers de personnes se sont retrouvés coincés dans les stations de métro sans moyen de rentrer chez eux à cause des coupures de courant dans les trains. Coupure de courant dans notre quartier, qui a duré toute la nuit.

Bien heureusement, pas de dégâts chez nous, et nos petits poissons rouges répondaient tous à l'appel. Quand même, les photos publiées dans le journal local sont impressionnantes. Nous sommes donc doublement contents de notre dernière petite échappée rocheusèsque:

Thursday, July 16, 2009

16 July, 2009: Le défilé des animaux

Peu de temps après notre départ du glacier, nous roulions vers le nord afin d'atteindre la ville de Jasper, où nous devions passer la nuit de samedi à dimanche. Soudain, nous avons vu une forme inconnue qui se déplaçait dans les herbes au bord de la route...

C'était un ourson!

Non seulement un ourson, mais deux, avec maman...

Ainsi a commencé notre concours, pour savoir qui est-ce qui allait trouver le plus d'animaux. Le plus simple, dans l'affaire, c'est de s'arrêter lorsqu'on voit des voitures arrêtées...

Mais avant de trouver d'autres animaux, nous nous sommes d'abord arrêtés admirer les chutes Athabasca. Après le lac Athabasca, au nord-ouest du parc, elle se jette dans le fleuve Mackenzie, qui à son tour, se vide dans l'océan Arctique.











Après ce petit détour, nous avons repris notre chemin. Et imaginez-vous que le premier animal qu'on croise, c'est encore... des ours! Nous sommes tout contents, surtout de les avoir croisés depuis la voiture, ce qui nous donne vraiment les meilleurs conditions. Surtout avec les ours noirs qui, malgré leur petite taille, sont apparemment plus agressifs que les Grizzly.



Ensuite, encore une fois, on monte dans la voiture, on part (on a maintes fois répété cette scène au cours du week-end) ... Et, cette fois-ci, devant nous, nous voyons de nouveau beaucoup de voitures arrêtées au bord de la route. C'est tout de même assez comique: tout le monde ralentit, on regarde à droit et à gauche, sans vraiment savoir ce qu'ont vu les autres, alors que soudain, ça y est! On le voit!

Le voyez-vous??? (il faudrait peut-être cliquer sur la photo pour voir cet animal mystérieux...)


Bien heureusement, quelques chèvres étaient également là pour nous tenir compagnie:


Le lendemain matin, nous avons rebroussé chemin afin d'essayer d'aller trouver des élans. Et qu'est-ce qu'on trouve, au même endroit que la veille, mais cette fois-ci, on le voit de nôtre côté du lac... C'est sûr, on le voit un peu mieux cette fois-ci. C'est même assez reconnaissable...

Nous avons lu dans le guide que certains animaux du parc sont tellement habitués à la présence humaine, qu'ils sont peu dérangés que l'on s'approche un peu. Plusieurs personnes se faisaient donc prendre en photo à côté des caribous...


Plus loin, toujours sur la route vers le lac des élans, nous avons croisé un petit groupe de jeunes béliers, qui se promenaient le long de la route, à côté des voitures pour le plaisir des passagers.

48 km et une heure plus tard (les gens roulaient assez lentement sur cette petite route, de peur de rater quelque chose), nous sommes enfin arrivés au lac des élans. Mais à part quelques traces de biche, et des milliers de moustiques, nous n'avons pas trouvé trace de cet animal élusif.

Mais sans nous décourager pour autant, en retraçant le chemin pour rentrer sur Jasper, peu de temps après notre départ nous avons encore une fois remarqué un de ces attroupements de voitures un peu plus loin [si vous ne l'avez pas encore compris, en fait, les parcs nationaux dans les Rocheuses sont comme des énormes zoos, où l'on entre sur le terrain des animaux pour les observer et se faire photographier... la veille, on avait croisé un couple de camarades de Burgess lorsqu'on était en train de visiter le glacier, qui nous ont dit qu'ils avaient vu des gens sortir de leurs voitures et s'approcher pour mieux prendre des ours en photo. Sûrement les mêmes qui allaient ensuite marcher sur le glacier avec leurs enfants...].

Mais, en sortant de la voiture, j'ai mis un peu de temps pour trouver ce que regardaient les autres, d'autant plus que c'était vraiment loin, cette fois-ci. Mais la voilà... Un vrai élan... femelle!


Pour terminer l'après-midi, nous avons fait une dernière balade le long du canyon de la rivière Maligne (également appelée 'Maligne' en anglais). C'est une rivière qui trouve bien son nom car elle joue au cache-cache, passant sous terre et ressortant par moment... Les gens du coins ont longtemps cru qu'elle s'était assechée. En tout cas, elle a creusé un magnifique canyon (rien à voir avec le Grand, quand même), qui, par endroits, fait tout de même 52 mètres de profondeur.

Les troupes avaient quand même l'air heureux de leur journée, d'autant plus qu'une petite trempette dans les sources thermales de Miette nous attendaient sur le chemin du retour à Edmonton.

Une fois rafraîchis et rhabillés, nous nous mîmes donc en route pour un trajet de 3h30, ce qui allait nous faire arriver vers 23h à la maison. "Allez, hop! Vite! C'est l'heure de rentrer!" dit la maman chèvre à ses petits qui traînent derrière et ne veulent pas rentrer ... un peu comme les miens qui avaient du mal à sortir du bain.

Bilan: un excellent séjour, nous étions charmés.
A tel point que, sur un coup de tête, nous avons décidé d'y retourner pour y passer le week-end prochain!

Wednesday, July 15, 2009

15 July, 2009 : Mais c'est pas fini, les Rocheuses!

Je n'ai pas réussi à vous raconter tout notre voyage dans le poste d'hier.Il me faut un minimum de deux heures pour préparer un poste, et le nouveau jour avait déjà commencé lorsque je vous avais enfin mis la première partie de notre aventure rocheusèsque en ligne.

Voici donc la suite de notre histoire...

Après une nuit de sommeil des justes, et une partie de la matinée passée à se prélasser dans la piscine de l'hôtel (pour les garçons), nous avons repris la voiture pour remonter vers le nord vers Jasper, via la route des Champs de Glace ("Icefield Highway" sur la carte publiée le 8 juillet).

Nous sommes passés de paysages plutôt estivaux...


à des paysage hivernaux en l'espace de quelques minutes.


Voici donc le glacier Colombia, que l'on peut visiter — et même toucher! Ce qui est assez paradoxal puisque le fait de toucher le glacier précipite sa fonte (des centaines de mains par jour, par temps d'été...). D'ailleurs, sur la photo, nous voyons que le glacier est un peu loin... Il y a 20 ans à peine, le glacier recouvrait toujours toute la partie de devant de la photo, qui ressemble maintenant à une plage. Il y a cent ans, le glacier s’étendait encore plusieurs centaines de mètres de plus vers la route (Icefield Highway).

Nous, n'étant pas fous, ne sommes pas montés sur le glacier, qui était plein de fissures, de crevasses, et qui cachait des rivières et lacs souterrains (enfin, sous le glacier) qu'on ne pouvait voir. Pour ceux qui ont vu le film "Antarctica, prisonniers du froid", et la scène où le scientifique tombe dans une crevasse cachée par la neige ... cela vous donne un peu l'idée du danger. D'autres personnes, ne se rendant certainement pas compte du danger, montaient sur le glacier, certains avec de petits enfants, se baladant à côté des fissures... c’était à vous donner des frissons!

Malgré les protestations de notre cher Ismaël, nous nous sommes contentés de ramasser quelques cailloux et d'étudier les striations laissées sur quelques gros blocs par le mouvement du glacier. Mais il faisait bien froid — il serait même correcte de dire que le vent qui soufflait depuis le glacier était d'un froid glacial...

Et nous voici de nouveau. Maintenant que Hadi a maîtrisé le maniement de l'appareil photo, vous nous verrez peut-être un peu plus souvent...

Une fois que nous avons laissé le glacier derrière nous, le beau temps a repris de plus beau ... Désolée si la photo est un peu floue. Si vous esquissez un peu les yeux, vous remarquerez moins, mais vous verrez quand même la vallée glaciale derrière nous, vidée de sa glace depuis une centaine d'années...


La journée nous promettait une belle fin et suite à notre aventure, avec encore beaucoup de choses à découvrir sur notre route avant de rentrer.

Tuesday, July 14, 2009

14 July, 2009 : Les schistes de Burgess

J'ai eu un peu de mal à commencer à écrire ce poste, car notre voyage dans les Rocheuses était franchement spectaculaire. Par où commencer?

Après réflexion, il est clair que la seule façon de vous montrer ce que nous avons vu, c'est de commencer par le début.

En arrivant dans le Parc National de Banff jeudi après-midi, nous nous sommes accordés une pause balade autour du Lac Louise. Il y avait énormément de monde, et j'ai repensé à tous ceux qui partent dans les montagnes pour s'échapper des foules pour les retrouver là-bas aussi. Il n'empêche: il faisait beau, le paysage était magnifique, et la balade la bienvenue.

Hélas, il restait pas mal de route à faire avant d'arriver à notre hôtel (encore une centaine de kilomètres) et nous ne pouvions pas traîner. Il était tout de même difficile de remonter dans la voiture, d'autant plus que les garçons deviennent fans de l'art du ricochet des galets sur le lac...

Heureusement, notre sagesse a été payante, même si nous sommes arrivés à l'hôtel vers 21h, car ce qui nous attendait le lendemain (Schistes de Burgess) valait bien la peine. Après une nuit courte et une levée très matinale (6h), nous nous sommes dirigés vers le lieu de rendez-vous, un endroit assez mystérieux: la chute de Takkakaw (246 m), que nous avons découverte sous la brume matinale.

En dépit du manque de sommeil, les garçons étaient en bonne forme, prêts à l'attaque...







Assez rapidement, nous avons attaqué la montée, à commencer par un dénivelé de 200 m... ouf! De tout même, cela nous a permis d'avoir une meilleure vue sur la chute Takkakaw. Une question que nous a posée notre guide, et que je vous soumets à mon tour : à votre avis, la chute sera-t-elle plus forte ou plus faible en fin de journée? ...

Nous montions donc vers les cimes; Adnan avait l'impression qu'il allait pouvoir toucher le ciel par moments...







Au bout de 5 km environ, nous sommes arrivés au Lac Yoho, où nous avons pu nous reposer quelques minutes. Les garçons en ont profité pour se donner à leur passe-temps favori: faire des ricochets.







La pause terminée, la montée inexorable reprit sur des terrains moins qu'accueillants pour les pieds du randonneur...

Tout de même, il y avait parfois des moments rigolos et plaisants: ici, les garçons ont craqué pour la neige, non encore fondue. Les adultes ont sagement continué sur leur chemin, sans détour pour jouer....




Il y a une plante assez curieuse que l'on trouve un peu partout dans les Rocheuses (et ailleurs), le "fireweed", ou epilobium angustifolium (épilobe, ou "herbe fret" pour les Canadiens francophones). On lui a donné ce nom en anglais (herbe du feu) car c'est la première plante à repousser après l'incendie. Notre guide nous a expliqué que les aborigènes (c'est ainsi que les appellent les Canadiens) évaluait l'arrivée de la saison estivale par rapport à la période de fleuraison: l'été commençait avec les premières fleurs, et terminait lorsque les dernières fleurs se fanaient... Ceci dit, la saison devait être bien courte car nous n'avons pas vu de fleurs, alors que nous étions au 10 juillet....

La montée sans fin nous offrait tout de même de belles vues sur les terrains que nous avions déjà quittés.








Voici de nouveau le lac Yoho...

Enfin! La pause midi. Cela fait maintenant quatre heures qu'on marche, il ne reste plus qu'une heure de marche pour arriver à notre destination. Malgré tout, le moral des troupes reste bon...








On monte encore un peu et ...



allez les gars! Encore un dernier petit effort!















Et voilà. Nous sommes arrivés, au bout de 11 km et 4 heures de marche, aux schistes de Burgess.






Voici quelques exemples de ce qu'on trouve un peu partout, jonché sur le sol: des créatures qui relèvent du fantastique. Apparemment, les réalisateurs des films Star Wars ont, eux aussi, visité le site afin de trouver inspiration pour la création de quelques-uns de leurs monstres ...



Un sacré coup de chance, que ce site, dont les fossiles datent d'il y a environ 540 millions d'années et dont les espèces sont apparues avec l'explosion cambrienne, ait été préservé : une chance sur un milliard, peut-être. De l'autre côté du pic, et de part et d'autre du site, il y a également le terrain argileux nécessaire à la préservation des animaux de l'époque, mais rien n'a été préservé à cause de la forte déformation des terrains lors de la formation des Rocheuses, il y a 160 millions d'années. Il y a seulement quelques autres sites au monde qui ont préservé le même détail de vie de l'époque: en Australie et en Chine.

Une multitude de créatures, avec des groupes de classification bien plus riches qu'aujourd'hui: alors qu'il n'existe plus sur Terre que trois groupes d'arthropodes — les chélicérates (arachnides), les insectes et les crustacés — on n'en dénombre pas moins que 19 groupes qui existaient à l'époque, rien que sur ce site. Une des répercussions essentielles de la découverte du site a été la réalisation que la vie ne semble pas s'être spécialisée au fil des temps, devenant de plus en plus complexe, pour aboutir à l'homme, le 'summum' de la création (thèse de Darwin), mais d'avoir fait beaucoup d'essais, de sauts aléatoires, dont plusieurs ont été très complexes mais qui ont échoué, n'ayant pas survécu à des évènements de type catastrophe. Si c'était à refaire, la probabilité est donc très forte que nous, l'humble humain, ne serions pas là... De toutes les façons, de l'avis général, le site valait bien la peine d'être arrivés jusqu'à là.

Une petite photo de groupe ...


un dernier regard autour de soi afin de bien graver la beauté des lieux dans la mémoire ...


et c'est le moment du retour. Nous sommes montés, nous devons descendre. Et maintenant, il nous faut arriver jusqu'en bas ...


Encore 11 km de marche, en descente cette fois-ci, mais sur un terrain toujours aussi cahoteux et glissant ... Nous avons mis environ trois heures pour arriver jusqu'à la voiture. De l'avis quasi unanime, les deux derniers kilomètres étaient vraiment de trop... Les garçons avaient un peu moins d'énergie à l'arrivée, et nous avions mal aux pieds ...


Alors, oui, vous avez dû remarquer la chute dans l'arrière plan. C'est de nouveau la chute Takkakaw. Maintenant, je vous repose la question: vous semble-t-elle plus forte ou bien plus faible, par rapport au matin? Et pourquoi, à votre avis?